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La condition suspensive de prêt : ce qu’elle protège, à quelles conditions

Si votre achat est financé par un prêt, vous n’êtes pas engagé de la même façon qu’un acheteur qui paie comptant. La loi impose une clause qui vous protège, la condition suspensive d’obtention de prêt, dont les effets sont mal connus au moment précis où ils comptent.

Le mécanisme, tel que la loi le pose

Lorsqu’un avant-contrat indique que le prix est payé, même partiellement, à l’aide d’un ou plusieurs prêts régis par le code de la consommation, le contrat est conclu « sous la condition suspensive de l’obtention du ou des prêts ». C’est l’article L313-41 du code de la consommation qui le prévoit. La durée de validité de cette condition ne peut pas être inférieure à un mois à compter de la signature de l’avant-contrat, ou de son enregistrement lorsqu’il s’agit d’un acte sous seing privé soumis à cette formalité.

Ce qui se passe si la condition ne se réalise pas

Si le ou les prêts ne sont pas obtenus dans les caractéristiques prévues, la condition ne se réalise pas et le compromis tombe. La loi est claire sur ce point : « toute somme versée d’avance par l’acquéreur lui est immédiatement et intégralement remboursable, sans retenue ni indemnité ». L’acompte versé à la signature, souvent 5 à 10 % du prix, doit donc être restitué en totalité.

Le vrai litige porte rarement sur la clause elle-même

La difficulté pratique tient moins au principe qu’aux conditions dans lesquelles le refus de prêt est intervenu. Un dossier déposé hors des caractéristiques prévues au compromis, que ce soit le montant, la durée ou le taux plafond retenu, ou déposé trop tardivement pour respecter le délai contractuel, peut se retourner contre l’acquéreur : le vendeur peut alors contester que la condition suspensive a réellement joué, et réclamer la conservation de l’acompte. C’est ce point précis, la conformité de la démarche de financement aux termes du compromis, qui fait le plus souvent l’objet d’un désaccord entre les parties.

À vérifier avant de signer

Les caractéristiques du prêt mentionnées dans le compromis (montant, durée, taux maximal accepté) doivent correspondre à ce que l’acquéreur compte réellement demander à sa banque. Un écart entre les deux fragilise la protection que la clause est censée offrir.

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